Le Palais Royal

Le Palais Royal

De Richelieu aux colonnes de Buren : jardins, galeries, tripots et cafés révolutionnaires, l'histoire tumultueuse du Palais-Royal.

Nous découvrirons ce lieu de repos et de méditation au cœur de Paris, qui fut autrefois bruyant de rires avinés, de duels, de joueurs ruinés et de ces femmes qui ont fait la réputation de la capitale. Derrière le calme des tilleuls et des arcades, le Palais-Royal a été pendant un demi-siècle le centre de tous les plaisirs et de toutes les agitations de Paris.

Le palais du Cardinal Tout commence avec Richelieu, qui se fait bâtir à partir des années 1630, à deux pas du Louvre, une résidence à la mesure de sa puissance : le Palais-Cardinal. À sa mort, il le lègue au roi. La régente Anne d'Autriche s'y installe avec le jeune Louis XIV, et le palais devient royal. Il passe ensuite à la famille d'Orléans, branche cadette des Bourbons, qui en fera un foyer d'opposition et de liberté, face à Versailles.

Le coup de génie du duc d'Orléans Dans les années 1780, le duc de Chartres, futur Philippe Égalité, est criblé de dettes. Il fait construire par l'architecte Victor Louis, autour du jardin, des immeubles réguliers dont les arcades sont louées à des boutiques, des cafés, des restaurants et des théâtres. Le succès est immédiat. Comme la police n'a pas le droit d'entrer dans ce domaine princier, on y trouve tout ce qui est interdit ailleurs : pamphlets, maisons de jeu et filles galantes. On y voit aussi apparaître les premiers grands restaurants de Paris.

Le berceau de la Révolution C'est dans ce jardin que, le 12 juillet 1789, Camille Desmoulins monte sur une table du café de Foy et appelle les Parisiens aux armes ; deux jours plus tard, la Bastille tombe. Les clubs s'y réunissent, les journaux s'y vendent, les rumeurs y naissent. En 1793, c'est sous ces arcades que Charlotte Corday achète le couteau avec lequel elle assassinera Marat.

Tripots, restaurants et déclin Sous l'Empire et la Restauration, le Palais-Royal reste la capitale du plaisir : on y dîne au Grand Véfour, on s'y ruine à la roulette, on s'y bat en duel. Un petit canon, placé dans le jardin, tonnait à midi lorsque le soleil enflammait sa mèche. La fermeture des maisons de jeu, en 1836, marque la fin de cet âge d'or ; la foule part vers les Grands Boulevards et le jardin s'endort.

Écrivains et colonnes Ce calme séduit au XXe siècle Colette et Jean Cocteau, qui habitent de part et d'autre du jardin. En 1986, les colonnes rayées de Daniel Buren, installées dans la cour d'honneur, déclenchent une polémique nationale avant d'entrer dans le paysage. Le palais abrite aujourd'hui le Conseil d'État, le Conseil constitutionnel et le ministère de la Culture, tandis que la Comédie-Française occupe son angle depuis plus de deux siècles. Les fontaines à sphères d'acier de Pol Bury complètent cet ensemble contemporain.

Une visite avec un historien de l'art Sylvain Chauvineau, guide-conférencier national depuis plus de dix ans, titulaire d'un Master 2 en histoire de l'art et diplômé de l'École du Louvre, fait revivre sous les arcades les voix de ceux qui s'y sont croisés, des princes aux tricheurs. Deux heures en groupe privé, dans l'un des plus beaux jardins clos de Paris.

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Sylvain Chauvineau

À propos de l'auteur

Sylvain Chauvineau

Guide conférencier national depuis plus de dix ans, ma passion pour Paris, son histoire et ses beautés ne s'est jamais émoussée.

Titulaire d'un Master 2 en histoire de l'art et diplomé de l'Ecole du Louvre, j'ai d'abord travaillé au Centre Pompidou, au Musée des Beaux Arts de Montréal avant que le magnétisme de la capitale ne focalise toute mon attention.

C'est avec bonheur que je vous guiderai ne délaignant aucun des sujets qui font la richesse de Paris (l'histoire grande et petite, l'architecture, et toutes ces choses qui caractérisent un art de vivre parisien).