Belleville

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Guinguettes de la Courtille, apaches de Casque d'Or, barricades de la Commune : l'histoire d'un village rebelle devenu quartier de Paris

De village à ville, de ville à quartier parisien, Belleville a connu d'importantes transformations. Sa réputation sulfureuse contraste avec l'apaisante atmosphère de campagne que l'on trouve encore sur les sommets des collines de Belleville et de Ménilmontant. L'énergie artistique et festive du quartier rappelle qu'il est depuis longtemps une terre d'accueil, le royaume des guinguettes et un lieu où grondent parfois les révoltes populaires.

Un village sur la colline Jusqu'au XIXe siècle, Belleville est un village de vignerons et de maraîchers perché sur l'une des plus hautes collines des environs de Paris. Ses sources alimentent la capitale depuis le Moyen Âge par un réseau d'aqueducs souterrains, dont subsistent de petits édifices de pierre, les regards. On y exploite aussi des carrières de gypse. En 1860, la commune, devenue l'une des plus peuplées de France, est annexée à Paris et partagée entre deux arrondissements, comme pour mieux la diviser.

Le royaume des guinguettes Située hors des barrières de l'octroi, Belleville vend un vin moins taxé qu'à Paris : les Parisiens y montent en foule le dimanche. À la Courtille, les cabarets se touchent, dont celui du célèbre Ramponeau, puis celui de Dénoyez. Au matin du mercredi des Cendres, la descente de la Courtille voit des milliers de masques dévaler la rue vers Paris dans un joyeux désordre, menés par des noceurs comme le légendaire Milord l'Arsouille. On y danse, on y boit, on s'y bat parfois.

Belleville la rouge L'industrialisation et les travaux d'Haussmann repoussent ici les ouvriers chassés du centre. Le quartier devient un bastion républicain, puis socialiste. En mai 1871, c'est sur ses pentes que la Commune de Paris livre ses derniers combats : l'une des dernières barricades tombe rue Ramponeau. Cette mémoire frondeuse est restée vive et se lit encore dans les noms de rues et sur les murs.

Apaches et Casque d'Or Vers 1900, la presse se passionne pour les bandes de jeunes voyous qui règnent sur les boulevards extérieurs et qu'elle baptise « apaches ». En 1902, deux chefs de bande, Manda et Leca, se disputent à coups de couteau et de revolver les faveurs d'une jeune femme à la chevelure flamboyante, surnommée Casque d'Or. L'affaire fait la une des journaux et inspirera, un demi-siècle plus tard, le film de Jacques Becker avec Simone Signoret.

Terre d'accueil Tout au long du XXe siècle, Belleville accueille ceux qui arrivent : Juifs d'Europe de l'Est, Arméniens, Grecs, puis Juifs de Tunisie, Maghrébins, Africains et Chinois. Promis à la démolition dans les années 1960, le bas Belleville a été en partie sauvé par la mobilisation de ses habitants. Le parc de Belleville, d'anciens ateliers investis par des artistes comme ceux de la Forge, la place Fréhel et les traces de la Petite Ceinture racontent cette invention permanente. Chaque vague a apporté ses commerces, ses cuisines et ses lieux de culte.

Une visite avec un historien de l'art Sylvain Chauvineau, guide-conférencier national depuis plus de dix ans, titulaire d'un Master 2 en histoire de l'art et diplômé de l'École du Louvre, vous emmène des boulevards aux sommets, là où le quartier garde des allures de village. Deux heures en groupe privé, entre histoire sociale et panoramas.

Cette visite est faite pour vous si…

Vous êtes amateurs d'art contemporain, curieux d'histoire urbaine, photographes, une famille avec adolescents ou Parisiens pensant connaître Belleville. Aucune connaissance préalable n'est nécessaire.

Accessibilité

Parcours à pied avec des dénivelés, car Belleville est un quartier en pente. Chaussures confortables conseillées.

Localisation

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Sylvain Chauvineau

À propos de l'auteur

Sylvain Chauvineau

Guide conférencier national depuis plus de dix ans, ma passion pour Paris, son histoire et ses beautés ne s'est jamais émoussée.

Titulaire d'un Master 2 en histoire de l'art et diplomé de l'Ecole du Louvre, j'ai d'abord travaillé au Centre Pompidou, au Musée des Beaux Arts de Montréal avant que le magnétisme de la capitale ne focalise toute mon attention.

C'est avec bonheur que je vous guiderai ne délaignant aucun des sujets qui font la richesse de Paris (l'histoire grande et petite, l'architecture, et toutes ces choses qui caractérisent un art de vivre parisien).