Sur la trace des pèlerins et des rois : la rue Saint-Denis, voie royale du Paris médiéval, entre processions et cour des Miracles.
Cette visite est un voyage à travers le Moyen Âge et la rue Saint-Denis, ancienne voie royale qui attirait les pèlerins de l'Europe entière en route vers la basilique. Les grandes processions, les entrées triomphales des grands du royaume, l'agitation entretenue par les riches artisans créaient une animation sans pareil qui faisait de cet axe le cœur de la vie parisienne.
La route des rois L'une des plus anciennes rues de Paris, la rue Saint-Denis reliait la Seine à l'abbaye de Saint-Denis, où reposaient les rois de France. C'est par elle que les souverains faisaient leur entrée solennelle dans la capitale, sous les tentures, les arcs de verdure et les fontaines remplies de vin ; c'est par elle aussi que leurs convois funèbres repartaient vers la nécropole royale. Au nord, la porte Saint-Denis, arc de triomphe élevé en 1672 à la gloire de Louis XIV, rappelle encore cette vocation d'apparat, à l'emplacement d'une porte de l'ancienne enceinte.
Le sacré au fil de la rue Le long de l'axe se succédaient églises, hôpitaux et confréries. L'église Saint-Leu-Saint-Gilles, élevée au XIVe siècle, accueillait les fidèles du quartier. Tout près, l'hôpital de la Trinité abritait les Confrères de la Passion, qui y jouaient à partir du début du XVe siècle les grands mystères religieux devant un public nombreux. Plus au sud, le cimetière des Innocents, principal cimetière de Paris pendant des siècles, bordait la rue : la fontaine des Innocents, sculptée par Jean Goujon pour l'entrée d'Henri II en 1549, en est l'un des derniers témoins.
Une rue à deux visages Mais la voie royale avait son envers. Vous découvrirez les abords de la Grand-Rue, ses passages et l'ancienne cour des Miracles : des quartiers populaires, hauts lieux de la prostitution, de la truanderie et de la sorcellerie sous l'Ancien Régime. Les noms de rues en gardent la mémoire, et l'on y parlait d'un monde où les faux estropiés retrouvaient « miraculeusement » l'usage de leurs membres une fois rentrés chez eux. Sacré et interlope se côtoyaient sur un même axe, à quelques centaines de mètres d'écart.
Des passages et des siècles Le quartier n'a jamais cessé de se réinventer. Au tournant du XIXe siècle, les passages couverts — le passage du Caire, le passage du Grand-Cerf avec sa haute verrière — s'installent dans ce tissu médiéval, et les échoppes d'artisans laissent place aux ateliers et aux commerces. Sous les façades d'aujourd'hui, le tracé de la rue et de ses cours reste celui du Moyen Âge.
Une visite avec un historien de l'art Sylvain Chauvineau, guide-conférencier national, titulaire d'un master en histoire de l'art et diplômé de l'École du Louvre, vous donne les clés pour lire ce paysage urbain et comprendre comment une même rue a pu être, pendant des siècles, à la fois celle des rois et celle des gueux.
Vous vous intéressez à l'histoire médiévale de Paris, à ses contrastes sociaux (faste royal / quartiers populaires).
Non, le parcours reste dans Paris intra-muros.
oui à partir de 8 ans
À propos de l'auteur
Sylvain Chauvineau
Guide conférencier national depuis plus de dix ans, ma passion pour Paris, son histoire et ses beautés ne s'est jamais émoussée.
Titulaire d'un Master 2 en histoire de l'art et diplomé de l'Ecole du Louvre, j'ai d'abord travaillé au Centre Pompidou, au Musée des Beaux Arts de Montréal avant que le magnétisme de la capitale ne focalise toute mon attention.
C'est avec bonheur que je vous guiderai ne délaignant aucun des sujets qui font la richesse de Paris (l'histoire grande et petite, l'architecture, et toutes ces choses qui caractérisent un art de vivre parisien).